Le Signe du Fils de l'homme

compléments d'information / courrier des lecteurs



Vertus sotériologiques
de l'austérité économique


« Alors un ange vigoureux prit une pierre comme une grande meule et la précipita dans la mer, en disant : "Ainsi, d'un seul coup, sera précipitée Babylone, la grande cité, et on ne la retrouvera jamais plus".

"Et jamais plus les sons des citharistes, des musiciens, des flûtistes et des trompettistes ne s'entendront chez toi ; jamais plus aucun artisan d'aucun art ne se trouvera chez toi ; jamais plus le bruit de la meule ne s'entendra chez toi ; jamais plus la lumière de la lampe ne luira chez toi ; jamais plus la voix de l'époux et de l'épousée ne s'entendra chez toi, PARCE QUE tes marchands étaient les grands de la terre, parce que toutes les nations ont été égarées par ta sorcellerie et qu'on a trouvé chez toi le sang des prophètes et des saints et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre" » (Apocalypse 18, 21-24).

Explication : « Babylone la grande » (notes 355 et 356), « la Grande Cité qui a la royauté sur les rois de la terre » (189), c'est la civilisation occidentale moderne issue de la Renaissance (voir 288, note 808). Un ange la présente, au début du chapitre 17 de l'Apocalypse, sous les traits de « la grande Prostituée » (prostitution = idolâtrie, voir note 284), puis elle est vue par Jean comme une femme assise sur une Bête écarlate — la Bête — qui symbolise aussi l'idolâtrie (voir 285, 286). Depuis l'épisode du veau d'or, l'idolâtrie se confond avec l'amour de l'argent, amour qualifié par Paul de « racine de tous les maux » (181).

Grâce à ces indications, on comprend que la Femme assise sur la Bête est la Civilisation assise sur la Finance, celle-là même qui est aujourd'hui jugée responsable de tous les maux. Or il est écrit que les Dix cornes et la Bête haïront la Prostituée et qu'elles la ruineront (152) — les Dix cornes étant en fait dix rois (voir note 354). Page 288, j'ai écrit que « cette symbolique désigne les rois (les présidences) des dix grandes puissances qui imposent l'idolâtrie occidentale au monde entier (culture, mode de vie, valeurs...) ». Comment ces présidences et la Finance — qui devraient la soutenir — ruineront-elles la Civilisation ? La réponse est fournie par le comportement des marchands qui pleurent sur le sort de Babylone, la grande Cité :

« Les marchands de la terre pleurent et mènent le deuil sur elle, parce que personne n'achète plus leur cargaison : cargaison d'or et d'argent, de pierres précieuses et de perles, de lin fin et de pourpre, de soie et d'écarlate ; les bois odoriférants, les objets d'ivoire, de bois très précieux, de bronze, de fer ou de marbre ; la cannelle et l'amome, les parfums, les essences et l'encens, le vin et l'huile, la fleur de farine et le blé, les bœufs et les brebis, les chevaux et les chars, les corps… et les âmes d'hommes » (Apocalypse 18, 11-13).

Explication : le lecteur de l'Apocalypse s'attendrait à ce que les marchands pleurent sur eux-mêmes parce qu'ils ne trouvent plus d'acheteurs pour leurs marchandises, Babylone ayant par exemple été détruite par quelque feu tombé du ciel ; mais non, ils pleurent sur le sort de la grande Cité parce qu'ils savent que la pénurie d'acheteurs va provoquer sa chute. Pour bien comprendre la situation, il convient en effet de ne pas prendre la cause (déficit d'acheteurs dû aux politiques d'austérité) pour l'effet (chute de Babylone) : ce n'est pas parce que Babylone est tombée que les marchands ne font plus d'affaires, mais parce que le moteur de la croissance (le commerce) tombe en panne (180) que la Prostituée, assise sur l'affairisme, tombe par terre.*1

Et elle ne s'en relèvera pas, « on ne la retrouvera jamais plus », car la relation de cause à effet précédente bouclera ensuite sur elle-même. Plutôt que de faire tomber le feu du ciel sur Babylone, comme Il l'avait fait pour Sodome et Gomorrhe, Dieu aura juste mis au cœur des Dix rois de réaliser son dessein. C'est ce que j'avais annoncé dès janvier 2001, quand j'écrivais sur le tout nouveau site du Ciel : « il suffit d'altérer le comportement de quelques cellules clés (les Dix rois) pour que son économie se dérègle (celle du Mal) et que ses systèmes de régulation anarchiques s'emballent, entraînant une réaction en chaîne qui désintégrera l'ensemble de sa structure et libérera d'un coup les âmes qu'il détient » (25).

Près de douze ans ont passé, mon avertissement a évidemment été traité par le mépris, et la Crise est arrivée. Maintenant, les Dix rois et les servants de la Finance vont devoir jeter les masques et montrer à tous s'ils haïssent le Prostituée (la Civilisation) ou s'ils l'aiment ; autrement dit : s'ils la ruinent, la mettent à nu, dévorent ses chairs et l'incendient, ou s'ils la sauvent afin qu'elle continue encore longtemps à envoûter les peuples par sa sorcellerie

Zorobabel, Pentecôte 2012.

note

  1.  La chaîne causale de la première citation le confirme : « Jamais plus les sons des citharistes ne s'entendront chez toi, etc. » En résumé : jamais plus de musique, ni d'art, ni d'artisanat, de lumière ou d'amour ! Pourquoi ? « PARCE QUE tes marchands étaient les grands de la terre », Babylone, parce qu'ils étaient riches, parce qu'ils vendaient leurs marchandises, parce qu'il y avait des gens pour les acheter, parce qu'on donnait à ceux-ci de l'argent, parce qu'un « personnel qualifié » (180) mettait du liquide dans le moteur pour qu'il tourne, et qu'il n'en met plus guère…

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